Le
taf
Par
Jayden
Mardi 10 mai 2011
J'ouvre doucement les yeux. Faut que j'aille au taf, et
j'en ai clairement pas envie. Heureusement que le boss, c'est ma
mère... Quoique, heureusement? Comme dirait l'autre, « pas de
traitement de faveur! ». Je me redresse lentement, étirant mes
bras endolori. Mes os craquent. J'adore ce petit bruit, même s'il
fait tressaillir Rob' d'horreur. (Tant mieux d'ailleurs, ça me
fournit une arme de plus pour répondre à ses pics et ses farces!)
Je jette un coup d'œil à la ronde : ma fenêtre est ouverte -Nico'
est passé par là, je pense- et laisse filtrer quelques rayons de
soleil. Avec appréhension, mon regard se pose sur mon réveil. 8h
tapante. Oh ça va encore, le café ouvre à la demie...
Je saute du lit et glisse mes pieds dans mes pantoufles
blanches sales -dont, grises on va dire... hum...- Une bonne odeur
flotte dans l'air. Ah Nico' je ne te remercierai jamais assez d'avoir
accepter de venir vivre avec nous. Tu cuisine trop bien... Curieuse,
j'essaye d'identifier par l'odorat ce que mon meilleur ami m'a
concocté. Des œufs brouillés, du bacon...? Déjeuner américain ou
expériences culinaire? Je n'ai vraiment pas le temps de manger tout
ça... Bon , solution débrouille -ou système D- : engloutir. Je
retire le couvercle de la poêle, les tranches de viandes y sont
encore déposées. L'une d'elle est décorée d'une... marque de
dents. Je fronce les sourcils. Un jour, je tuerai ce môme de
dix-huit ans.
_Robbiiiiiiie...
Je prends la première fourchette qui se trouve à ma
portée. Elle est recouverte de graisse. Nicolas l'aurait nettoyée,
c'est encore signé Robbie Lamarre...
_Tant pis.
J'engloutis les tranches de viande poêlées et ouvre en
mastiquant une petite boîte en plastique qui contient les œufs.
J'avale ce qui me trotte encore sur la langue pour le remplacer par
deux fourchettes d'œuf. Si Nico' était là, il me tuerait... « Tu
massacres mon art, inculte de la gastronomie! Savoure ce que tu
manges! » Ouais ben moi je ne me réveille pas à 6h du matin
pour me laisser une heure paisible à manger, comme toi coconut! Je
préfère pioncer deux heures supplémentaires... D'ailleurs, j'ai
bien envie de retourner dans mon lit, de me glisser sous les draps et
de dire aux autres que je suis malade... Ah oui bonne idée! Mais
j'entends des bruits de pas, je me retourne et j'aperçois Robbie
dans l'encadrement de la porte.
_Bouge Jay'! Ta mère m'envoie te chercher! Je sais que
tes grosses fesses sont lourdes à porter mais...
Paf, une spatule dans sa tête parfaite!
Comme à mon habitude, j'arrive une demie heure en
retard, c'est à dire à 9h pétante, même avec l'autre Rob' qui m'a
poussée à me grouiller. D'ailleurs, il se fait disputer par la
patronne, et moi, je me poile. Nico me lance son regard d'éternel
déçu. En réponse je hausse les épaules et marmonne quelques
excuses qu'il devine, car il sourit. Ma mère tourne sa clé dans le
rideau de fer et entre, suivie des garçons et de moi, qui ferme la
marche. Au passage, on saisit nos tabliers, et on les enfile.
_Au boulot! s'écrie ma mère.
Nico' se rue vers sa cuisine où il commence à préparer
ses pâtisseries maison et à sortir celles du super marché du coin
de leurs boîtes. Robbie dresse quelques tables, dépose des cartes,
et moi, je prépare mon café, le café Jay.
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