Le
massacre
Par
Jayden
Lundi 30 mai 2011
Il le savait, pourtant, qu'il ne fallait pas s'en prendre à mon café. Je pense, enfin, j'espère, qu'il a compris la leçon. Remontons quelques heures avant le massacre, plus exactement à midi.
Il le savait, pourtant, qu'il ne fallait pas s'en prendre à mon café. Je pense, enfin, j'espère, qu'il a compris la leçon. Remontons quelques heures avant le massacre, plus exactement à midi.
C'est notre jour de congé, lundi, le café est fermé
(ma mère peut se le permettre, vu ce que lui rapporte la renommée
de ma boisson!). Nicolas est aux fourneaux et nous prépare sa
recette fétiche de gratin dauphinois (je ne sais pas ce qu'il met
dans la crème, mais c'est magique une fois dans la bouche...). Quant
à moi, je suis tranquille devant l'ordinateur, à pianoter sur les
touches à une telle vitesse que mon regard reste rivé sur l'écran
-pour info, je connais mon clavier par coeur-. Je bosse sur une
nouvelle recette de café, et je commande ainsi différents grains
aux quatre coins du monde. Je peux me le permettre, c'est pas moi qui
paye.
Après quelques minutes de sélection, je cherche à
tâtons la tasse posée à ma gauche -je suis gauchère, of course-.
Je me prépare toujours une bonne tasse de café serré quand je suis
en pleine recherche. Je dois dire que plus il est noir, plus mes
papilles vacillent et me font vibrer. De plus, il m'aide à me
concentrer et à m'éclaircir l'esprit.
Mes doigts se referment sur la hanse de ma tasse blanche
décorée de marron et je la porte à mes lèvres. Je teste la
température. Nickel, il est tiède, comme je l'aime. Alors, je
m'autorise à prendre quelques gorgées du breuvage sombre. Soudain,
je m'arrête. Un goût horriblement fort envahit ma gorge et me
pousse à cracher ce que j'ai encore dans la bouche. Un éclat de
rire venant de derrière ma porte me fait réaliser qui est à
l'origine de cette mauvaise blague. Mais qui d'autre après tout,
c'est pas le style de Nico', il n'y a que Robbie pour massacrer mon
café à coups de calva. Poings serrés, je me lève brusquement et
cours vers le couloir. Il part au triple galop, mais j'ai une arme
secrète : Nico'.
_Nico', catch him!
Mon ami surgit de la cuisine et bondit sur Robbie qui,
surpris, lâche un cri strident. Pourquoi m'aide t-il de cette
manière? Grâce à moi, il peut exercer sa passion tout en étant
payé. Même si je ne lui ai jamais rien réclamé, il a insisté sur
le fait qu'il m'en doit quelques unes. M'aider à me venger de
Robbie, c'est la seule chose que je lui demande.
_Ah euh... Jayden! Quelle surprise! ...Il était bon ton
café?
La question de trop. Je m'étais préparée à la
riposte : je tiens dans mes mains un gros rouleau de ruban adhésif.
Nous sommes attablés, mangeant avec appétit le gratin
de Nico'. Enfin, Nico' et moi, on mange. Robbie est scotché à sa
chaise. Pour ne pas l'entendre se plaindre, je l'ai également
bâillonné. Du coup, on peut déjeuner tranquille... Ah le silence,
c'est trop bon. Bien sur, il n'est pas vraiment content, gigote et
gémit pour partager avec nous notre repas mais... Ça lui fera les
pieds! Et j'ai limite envie de le laisser comme ça cette nuit... Le
pauvre quand même! Héhé... Merci Nico'!
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