vendredi 24 août 2012

Le massacre

Le massacre
Par Jayden

Lundi 30 mai 2011

Il le savait, pourtant, qu'il ne fallait pas s'en prendre à mon café. Je pense, enfin, j'espère, qu'il a compris la leçon. Remontons quelques heures avant le massacre, plus exactement à midi.

C'est notre jour de congé, lundi, le café est fermé (ma mère peut se le permettre, vu ce que lui rapporte la renommée de ma boisson!). Nicolas est aux fourneaux et nous prépare sa recette fétiche de gratin dauphinois (je ne sais pas ce qu'il met dans la crème, mais c'est magique une fois dans la bouche...). Quant à moi, je suis tranquille devant l'ordinateur, à pianoter sur les touches à une telle vitesse que mon regard reste rivé sur l'écran -pour info, je connais mon clavier par coeur-. Je bosse sur une nouvelle recette de café, et je commande ainsi différents grains aux quatre coins du monde. Je peux me le permettre, c'est pas moi qui paye.

Après quelques minutes de sélection, je cherche à tâtons la tasse posée à ma gauche -je suis gauchère, of course-. Je me prépare toujours une bonne tasse de café serré quand je suis en pleine recherche. Je dois dire que plus il est noir, plus mes papilles vacillent et me font vibrer. De plus, il m'aide à me concentrer et à m'éclaircir l'esprit.

Mes doigts se referment sur la hanse de ma tasse blanche décorée de marron et je la porte à mes lèvres. Je teste la température. Nickel, il est tiède, comme je l'aime. Alors, je m'autorise à prendre quelques gorgées du breuvage sombre. Soudain, je m'arrête. Un goût horriblement fort envahit ma gorge et me pousse à cracher ce que j'ai encore dans la bouche. Un éclat de rire venant de derrière ma porte me fait réaliser qui est à l'origine de cette mauvaise blague. Mais qui d'autre après tout, c'est pas le style de Nico', il n'y a que Robbie pour massacrer mon café à coups de calva. Poings serrés, je me lève brusquement et cours vers le couloir. Il part au triple galop, mais j'ai une arme secrète : Nico'.
_Nico', catch him!
Mon ami surgit de la cuisine et bondit sur Robbie qui, surpris, lâche un cri strident. Pourquoi m'aide t-il de cette manière? Grâce à moi, il peut exercer sa passion tout en étant payé. Même si je ne lui ai jamais rien réclamé, il a insisté sur le fait qu'il m'en doit quelques unes. M'aider à me venger de Robbie, c'est la seule chose que je lui demande.
_Ah euh... Jayden! Quelle surprise! ...Il était bon ton café?
La question de trop. Je m'étais préparée à la riposte : je tiens dans mes mains un gros rouleau de ruban adhésif.

Nous sommes attablés, mangeant avec appétit le gratin de Nico'. Enfin, Nico' et moi, on mange. Robbie est scotché à sa chaise. Pour ne pas l'entendre se plaindre, je l'ai également bâillonné. Du coup, on peut déjeuner tranquille... Ah le silence, c'est trop bon. Bien sur, il n'est pas vraiment content, gigote et gémit pour partager avec nous notre repas mais... Ça lui fera les pieds! Et j'ai limite envie de le laisser comme ça cette nuit... Le pauvre quand même! Héhé... Merci Nico'!

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