vendredi 31 août 2012

Euh... WTF?!

Euh... WTF?!
Par Jayden

Mardi 7 juin 2011

Je me lève tranquillement et regarde mon réveil. 7h. Pourquoi me suis-je levée si tôt?! Bon après tout, profitons en pour déjeuner tranquillement! C'est Nico' qui va être content de me voir savourer mon petit déjeuner au lieu de l'engloutir. J'enfile mes pantoufles et m'étire. Sur la pointe des pieds, je me dirige vers la cuisine pour surprendre mes deux amis. Pourtant, arrivée au niveau de la porte de la chambre des garçons, j'entends encore ronfler. Curieuse, j'entrouvre légèrement. Robbie dort encore, en caleçon, par dessus ses draps. Tant pis, je parlerai avec Nicolas. Je referme silencieusement la porte et repars. J'entends des voix venant de la cuisine. Il parle seul, le Nico'?
_Tu me manque... Oui moi aussi je t'aime! Bisous! On se voit à ma pause hein? Je te rejoins à ta boutique? Allé bisous! Oui je t'aime allé, je raccroche! …Bisous!
Je ne l'ai jamais entendu parler comme ça, il est plutôt réservé, d'habitude... Euh, attends voir... Je suis la seule à qui il dit je t'aime d'ordinaire! Aurait-il une copine? Et il ne m'a rien dit, le bougre?! Énervée, je grogne mais j'oublie que je suis en planque. Nicolas apparaît devant moi.
_Jayden? Mais, tu...! Tu as...?
Légèrement déstabilisée, je manque de perdre l'équilibre mais me ressaisit et m'appuie contre le mur en croisant les bras. Adoptant un regard noir, je prends la parole :
_Dis moi Coconut, t'as une copine et t'en pipe pas un mot à moi ou Rob'?
Il a l'air tout aussi troublé que moi.
_Je suis désolé mais j'ai une douche à prendre! s'exclame t-il en me contournant.
Je le saisis par le col et le ramène face à moi. Il soupire et baisse les yeux.
_Pourquoi tu réagis comme ça? Elle est moche ou quoi?
Il rougit. Et pourtant, c'est rare de sa part qu'il rougisse! Je me rends compte que je mets les pieds dans une histoire qui ne me regarde peut-être pas... Finalement, je lui souris et le lâche. Il paraît soulagé. Du coup, je préfère ne pas en parler davantage et me dirige vers le frigo pour prendre une bouteille de jus d'orange.
_Jayden!
Je me retourne vivement. Il est planté juste à côté de moi, en me regardant dans les yeux.

Un ange passe alors qu'il ne cille pas. Je ferme la porte du frigidaire et pose la bouteille sur la table. Paisiblement, je m'assois sur une des chaises et invite Nico' à faire de même. Il opine et prends place à ma gauche. Son regard se voile. On dirait qu'il s'apprête à m'annoncer la mort de quelqu'un, c'est flippant! Ses poings se serrent et finalement il ouvre la bouche :
_Je...
Dis donc, ça a l'air vachement dur à dire...
_Je t'écoute, parle frangin!
Quand je l'appelle frangin, ça le réconforte. Et cette fois ci n'échappe pas à la règle. Ses épaule se décrispe et les bords de ses lèvres esquissent presque un sourire.
_J'aurai dû te le dire avant mais je n'en avais pas le courage... J'avais peur que tu ne me vois plus de la même façon...
Amicale, j'entoure ses épaules de mon bras gauche et le serre contre moi.
_Ça risque pas t'inquiète!
Il ferme les yeux.
_Je suis gay, et en couple.
_Euh... ah?

...WTF?!

vendredi 24 août 2012

Le massacre

Le massacre
Par Jayden

Lundi 30 mai 2011

Il le savait, pourtant, qu'il ne fallait pas s'en prendre à mon café. Je pense, enfin, j'espère, qu'il a compris la leçon. Remontons quelques heures avant le massacre, plus exactement à midi.

C'est notre jour de congé, lundi, le café est fermé (ma mère peut se le permettre, vu ce que lui rapporte la renommée de ma boisson!). Nicolas est aux fourneaux et nous prépare sa recette fétiche de gratin dauphinois (je ne sais pas ce qu'il met dans la crème, mais c'est magique une fois dans la bouche...). Quant à moi, je suis tranquille devant l'ordinateur, à pianoter sur les touches à une telle vitesse que mon regard reste rivé sur l'écran -pour info, je connais mon clavier par coeur-. Je bosse sur une nouvelle recette de café, et je commande ainsi différents grains aux quatre coins du monde. Je peux me le permettre, c'est pas moi qui paye.

Après quelques minutes de sélection, je cherche à tâtons la tasse posée à ma gauche -je suis gauchère, of course-. Je me prépare toujours une bonne tasse de café serré quand je suis en pleine recherche. Je dois dire que plus il est noir, plus mes papilles vacillent et me font vibrer. De plus, il m'aide à me concentrer et à m'éclaircir l'esprit.

Mes doigts se referment sur la hanse de ma tasse blanche décorée de marron et je la porte à mes lèvres. Je teste la température. Nickel, il est tiède, comme je l'aime. Alors, je m'autorise à prendre quelques gorgées du breuvage sombre. Soudain, je m'arrête. Un goût horriblement fort envahit ma gorge et me pousse à cracher ce que j'ai encore dans la bouche. Un éclat de rire venant de derrière ma porte me fait réaliser qui est à l'origine de cette mauvaise blague. Mais qui d'autre après tout, c'est pas le style de Nico', il n'y a que Robbie pour massacrer mon café à coups de calva. Poings serrés, je me lève brusquement et cours vers le couloir. Il part au triple galop, mais j'ai une arme secrète : Nico'.
_Nico', catch him!
Mon ami surgit de la cuisine et bondit sur Robbie qui, surpris, lâche un cri strident. Pourquoi m'aide t-il de cette manière? Grâce à moi, il peut exercer sa passion tout en étant payé. Même si je ne lui ai jamais rien réclamé, il a insisté sur le fait qu'il m'en doit quelques unes. M'aider à me venger de Robbie, c'est la seule chose que je lui demande.
_Ah euh... Jayden! Quelle surprise! ...Il était bon ton café?
La question de trop. Je m'étais préparée à la riposte : je tiens dans mes mains un gros rouleau de ruban adhésif.

Nous sommes attablés, mangeant avec appétit le gratin de Nico'. Enfin, Nico' et moi, on mange. Robbie est scotché à sa chaise. Pour ne pas l'entendre se plaindre, je l'ai également bâillonné. Du coup, on peut déjeuner tranquille... Ah le silence, c'est trop bon. Bien sur, il n'est pas vraiment content, gigote et gémit pour partager avec nous notre repas mais... Ça lui fera les pieds! Et j'ai limite envie de le laisser comme ça cette nuit... Le pauvre quand même! Héhé... Merci Nico'!

jeudi 23 août 2012

Nico et les filles

Nico et les filles
Par Jayden

Souvenir

Ah, Nico'... Il est petit pour un gars, mais il a un certain charisme qui ne laisse pas les dames indifférentes, la preuve : notre rencontre au collège, on la doit à ma voisine. Elle craquait vraiment pour lui et m'en parlait sans arrêt. (Ce qui plaît au fille je pense que c'est le fait qu'il ait une bouille à croquer, même moi j'en mangerai!) Le hasard a fait que pour un exposé, nous fûmes binômes. Aimable, il m'a proposé de venir chez lui pour la confection de notre travail. Et j'ai accepté avec plaisir, j'étais curieuse de voir comment réagiraient les filles de la classe lorsqu'elles l'apprendraient. (Petite, j'étais une vraie peste, faire bisquer et jalouser les gens était mon passe-temps favoris.) A la fin d'une journée de cours, il m'avais attendu à la sortie du collège.
_A demain! m'a t-il dit.
_Euh, je prends des trucs?
_Toi, ça suffira.

Le lendemain je m'étais pointée chez lui. En invitée modèle, j'avais apporté une bouteille de jus de fruits. Ce fut une dame de taille moyenne (plus grande que son fils) qui vint m'accueillir et me guider jusqu'à la chambre de Nicolas. C'était une maison vraiment mignonne et chaleureuse. Sa chambre était lumineuse et une odeur de sucre planait dans l'atmosphère. Un plateau de cookies fumant, je m'en souviens encore, était posé sur son lit.
_Ils sortent du four, goûte!
Et il m'en avait tendu un. C'était un pur délice, et encore, depuis il a perfectionné sa recette. Depuis môme c'est un cuistot hors pair, et je suis vraiment fière que ce mec soit mon meilleur pote! (Un de mes meilleurs pote plutôt... Devinez qui est le second, ça commence par R et ça rime avec connerie!)

L'exposé fut une réussite en passant, mais ce n'est pas le sujet principal, quoique c'est un peu grâce à lui que Nico' et moi nous nous sommez rapprochés. Étant une bosseuse et sachant mon travail de qualité, il n'hésitait pas à demander aux professeur d'être mon binôme. Et bien sur, les autres filles enrageaient, comme prévu. Mais je m'en fichais bien en fin de compte, elles ne voyaient que le garçon trop mignon dont on a envie de pincer les joues, moi je voyais un garçon gentil, excellent pâtissier, avec qui je partageais (et partage toujours) quelques points communs.

Encore aujourd'hui, les filles se retournent à son passage. Non pas parce qu'il leur arrive la plupart du temps au niveau de la poitrine, mais parce qu'il est toujours aussi beau. Et son visage a pris du caractère qui plus est! (Le top aussi, c'est ses biceps et ses abdos en acier, la boxe c'est le pied!)

Je pianote sur mon ordi, tranquillement, sirotant un verre de limonade bien fraîche, quand une main passe devant mes yeux une photo sur papier glacé. Je me retourne et Nico' récupère sa main, me montrant toujours l'image.
_Qu'est-ce que c'est?
Je prends ce qu'il tient avec amour et découvre une photo de nous deux, quand nous étions au collège. Le jours même de la fabrication de notre premier exposé. Je suis affalée sur son lit, mais penchée sur lui qui, au sol, découpe des images.
_Ta mère?
_Oui, elle nous a pris en photo ce jour là, elle m'a révélé qu'elle te trouvait mignonne comme fillette.
Je rougis mais prends un sourire franc.
_T'étais pas mal non plus.

Quand IL est sous la douche

Quand IL est sous la douche
Par Jayden

Jeudi 26 mai 2011

Quand Robbie est sous la douche, bonjour les oreilles. Il chante. Non, en fait, il beugle. Oui, c'est ça, il beugle. Le truc c'est que, quand il chante une chanson, il ne chantera pas ce qui est dans ses cordes, non non, il veut chanter les notes les plus aigüe. Et ce n'est vraiment, vraiment pas agréable du tout. Même Nico' qui est du genre placide et neutre est à chaque fois à deux doigts de tirer la chasse pour le faire taire. (Oui parce que chez nous, comme dans beaucoup d'autre maison, quand tu tire la chasse, c'est la douche froide et ça fait pas du bien...) Mais il me laisse le faire la plupart du temps car contrairement à lui, je m'énerve relativement vite. J'ai beau avoir un seuil de douleur assez haut, mais ça, ce qu'il fait, c'est de la torture. Et le pire, c'est qu'il-le-sait, le bougre! Et même avec la porte fermée, les cloisons sont si fines que... Ben voilà...

Mes tympans pulsent, j'ai les doigts crispés sur la table de la salle à manger. Nicolas, qui regarde un film, plisse les yeux et rentre sa tête dans ses épaules. Il est à la limite de se boucher les oreilles, je le sais. Il tourne la tête vers moi. C'est presque devenu un rituel, il me lance tous les jours ce même regard suppliant pour faire ce dont il avait et en même temps n'avait pas vraiment envie de faire. J'opine, me lève et m'engage dans le petit couloir qui mène à la salle de bain. Discrètement, j'en ouvre la porte. Il est tellement occupé à chanter qu'il ne remarque même pas ma présence, parfait. Un sourire mesquin apparaît sur mes lèvres alors que je tire la chasse d'eau.
_They will not f- Non de dieu c'est froiiiiiiiid!
En courant, je rejoins Nicolas en riant. Des yeux, il me questionne. J'acquiesce, ne laissa pas mon sourire s'effacer tant je suis fière. C'est à ce moment qu'il arrive, une serviette entourée à la va-vite autour de ses hanches, cachant son entre-jambe. Des gouttes d'eau recouvrent encore son corps et ses cheveux plaqués sur son visage lui donnent un air de détraqué. Pour m'empêcher de rire, je me mords avec force la lèvre inférieure.
_Qui a fait ça?
Innocents, Nicolas et moi levons en même temps les yeux vers le plafond.
_Tout les jours j'y ai droit, j'aurai dû m'y attendre... Mais qui a fait ça?

Je lève la main et prends un air de défi.
_C'est moi, Coconut.
Il fronce les sourcils alors que ma main reprend contact avec le bois de la table à laquelle je fais face.
_Et alors, tu vas faire quoi? Chanter à me vriller les tympans?
Je pouffe et adopte un sourire narquois.
_C'est déjà fait, N'amour.
Il rougit de colère, mais ne fait rien. Pour l'humilier un peu plus, je brasse l'air.
_Vas t'habiller, tu blesses nos yeux si purs avec tes abdos bien sculptés!
Sans dire un mot, il tourne les talons et retourne dans la salle de bain. Je lui ai fermé son clapet, ce qui est rare, et j'en suis vraiment contente. D'ordinaire, il a toujours le dernier mot, avec ses vannes piquantes d'adolescent rôdé en répartie. Je me tourne vers Nicolas.
_Tope là!
Il tape dans ma paume tendue et nous éclatons de rire.
_Tu crois qu'il va se calmer sur la chansonnette? demande mon ami.
_Que tu crois Nico', que tu crois...

Ben il chante toujours sous la douche. AH.

Je dors comme je veux, Coconut

Je dors comme je veux, Coconut
Par Robbie

Dimanche 22 mai 2011

Je regarde ma montre. 10h. Flûte, elle dort encore quoi! Je sais qu'on est dimanche et que le café n'ouvre pas avant midi, mais quand même elle exagère! Tant pis, j'entre. Sans frapper, je pénètre sa chambre dont volets et fenêtres sont clos. Diantre,j'aurai dû m'annoncer... Elle est là, à plat ventre sur ses draps, relevant les fesses. Sans pantalon, évidemment... Juste un t-shirt bien trop large la couvre. Et une culotte, heureusement. Une culotte toute noire avec un peu de dentelle. Classe. C'est à ce moment là que je l'entends se racler la gorge. Mince, j'avais les yeux fixer sur ses fesses.
_Dis donc Robbie, qu'est-ce tu mates comme ça?
Rouge comme une pivoine, je recule. Elle baisse son arrière train et s'assoit sur son lit en s'étirant, puis elle pose sur moi son regard bleu nuit foudroyant.
_C'est bon, ça te plaît de te rincer l'œil?
Je plaque mes mains sur mes yeux. Quelle situation embarrassante! Je l'avais cherché, après tout... Je recule encore un peu. Raté, je suis dos au mur. Je retire mes mains et tourne la tête pour trouver la porte qui est à quelques centimètres sur ma gauche. Jayden se penche, je n'ai pas le temps de voir ce qu'elle ramasse mais je le devine en recevant en pleine face une pantoufle grise... euh blanche! Enfin... Sale quoi...

Une fois dehors, je claque la porte. Légèrement troublé, je m'adosse au mur le plus proche et enfonce mon front dans mes mains. Est-ce qu'elle sait seulement que je suis toujours aussi fou d'elle ? Non, sinon elle ne réagirait pas comme ça... Elle doit penser que le bisous, ce petit bécot innocent qu'elle m'avait donné quand nous étions petit, ne compte pas pour moi. Elle se trombe. C'est un peu guimauve, mais c'est depuis ce jour que je rêve d'elle et d'un nouveau baiser. Je frotte mes yeux avant de secouer la tête, comme pour m'aider à me ressaisir. Non, ça marche pas, j'ai encore l'image de sa culotte noire à têtes de mort gravée dans mon esprit...

Au bout de dix minutes, elle sort enfin de sa chambre et moi je n'ai toujours pas bougé. Elle me jette un regard surpris et place ses mains sur ses hanches.
_Ben alors? Tu me sermonnes et tu restes ici?
Honnêtement, je ne sais pas trop quoi répondre.
_Bon, je vais me faire à grailler.
Et elle s'en va, de sa démarche un peu boiteuse du matin. Se réveiller, c'est pas tellement son truc, à Jay. Troublé je la suis. Elle s'est déjà assise sur l'une des trois chaises disponibles et sirote un verre de jus de fruits. Et je reste comme un idiot planté dans l'encadrement de la porte, la bouche ouverte.
_T'enfile pas de pantalon?
_J'ai chaud.
Ah, et c'est une raison peut-être?
_Euh mais y a des limites quand même...
_Tu dors bien en calfut non?
J'avoue, je reste sceptique. Elle m'a vu dormir? Et j'avoue également détester quand elle arrive à me la couper court de cette manière. Faut que je réponde!
_Puis ta position, n'en parlons pas.
_Je dors comme je veux, Coconut.
Coconut, c'est sa façon gentille de m'insulter, ou de me faire comprendre que je la gonfle. Je penche plus pour la seconde réponse...

Le café Jay

Le café Jay
Par Jayden

Vendredi 13 mai 2011

Le café Jay, c'est la boisson qui a rendue célèbre le commerce de ma mère. En effet, je ne sais pas cuisiner, mais le café et moi, c'est une grande histoire d'amour. Autant, Nico' son truc c'est les gâteaux et la bouffe, moi, c'est ce breuvage noir à l'arôme si parfumé!

Mon secret pour faire un si bon café? Je sélectionne mes grains un à un. Pour moi, le café en poudre est un blasphème, du jus de chaussette comparé à ce que je prépare -et mes clients peuvent en témoigner-. Des gens viennent des quatre coins de la ville pour goûter à nos spécialités, à Nicolas et moi. Je crois que j'ai de la chance d'être douée dans ce domaine, sinon je me ferai souvent disputer par ma mère à cause de mes retards.

Avec précision, je choisis quelques graines et commence la fabrication de mon café. Les premiers clients arrivent et s'installent. Robbie les a déjà repérés avant que je ne les lui signale. Il s'approche d'eux, carte à la main. Pourtant c'est inutile, ils en ont déjà -il a toujours le réflexe d'en poser au moins une sur chaque table-. De loin, je les observe. Ce ne sont pas des habitués, mais des nouveaux clients. Il faut les impressionner. Robbie revient vers moi.
_Ils veulent deux parts de tarte aux fruits maisons et deux tasses de ton café. Les rumeurs vont vite dis donc, ils viennent de Martigues!
_Je leur sers ça, mais dis leur qu'il n'est pas encore prêt.
Il obéit puis reviens vers moi.
_Bon je vais sonner Nico' en cuisine.
Il se rend alors dans le domaine de notre ami qui étale de la pâte sur son plan de travaille. De la pâte à tarte. Les fraises non loin laissent présager une nouvelle merveille...
_T'as quoi comme tarte de prête?
Le jeune homme désigne une boîte de tarte aux abricots.
_Propose leur ça ou, s'ils attendent vingt-cinq minutes, ils auront de la tarte aux fraises tiède.
Robbie fit de nouveau un allé retour vers la table de ses clients. Ils acceptaient la tarte aux abricots. Je fais signe à Robbie de s'occuper des deux dames qui viennent d'entrer. Je me charge des deux hommes dont la commande est prise. Je rempli deux tasses de mon breuvage noir d'encre et cours chercher en cuisine le gâteau. Je pose tout ça sur mon plateau et me dirige vers les clients. Ils me regardent les servir en souriant.
_Vous devez être Jay.
_En effet, Jayden Lennox, votre serveuse. J'espère que mon café vous plaira, il sort tout juste de la cafetière!
Je récupère mon plateau et me dirige vers une cliente, calepin à la main. Je ne suis pas Robbie, je n'ai pas une mémoire d'éléphant... C'est une femme belle, enfin plutôt une jeune femme. Elle doit avoir notre âge et regarde Robbie avec insistance. J'arque un sourcil.
_Bonjour, vous désirez?
_Un café ce sera tout.
Je range mon calepin, me rend vers ma cafetière et verse du café tiède dans une tasse blanche.

Nous ne sommes que deux en salle, et encore, je suis à moitié occupée par mes mixtures. Avec la renommée que prend le commerce de ma mère, elle a intérêt à commencer à embaucher! On commence à être surpassé... Mais bon, heureusement, Robbie est à fond dans son boulot, il le prend à cœur, et il aime ce qu'il fait.

Les nouveaux clients que nous avons servi en début de service ont l'air satisfaits de mon œuvre, tant mieux. Ils reviendront, j'espère!

Le taf

Le taf
Par Jayden

Mardi 10 mai 2011
 
J'ouvre doucement les yeux. Faut que j'aille au taf, et j'en ai clairement pas envie. Heureusement que le boss, c'est ma mère... Quoique, heureusement? Comme dirait l'autre, « pas de traitement de faveur! ». Je me redresse lentement, étirant mes bras endolori. Mes os craquent. J'adore ce petit bruit, même s'il fait tressaillir Rob' d'horreur. (Tant mieux d'ailleurs, ça me fournit une arme de plus pour répondre à ses pics et ses farces!) Je jette un coup d'œil à la ronde : ma fenêtre est ouverte -Nico' est passé par là, je pense- et laisse filtrer quelques rayons de soleil. Avec appréhension, mon regard se pose sur mon réveil. 8h tapante. Oh ça va encore, le café ouvre à la demie...

Je saute du lit et glisse mes pieds dans mes pantoufles blanches sales -dont, grises on va dire... hum...- Une bonne odeur flotte dans l'air. Ah Nico' je ne te remercierai jamais assez d'avoir accepter de venir vivre avec nous. Tu cuisine trop bien... Curieuse, j'essaye d'identifier par l'odorat ce que mon meilleur ami m'a concocté. Des œufs brouillés, du bacon...? Déjeuner américain ou expériences culinaire? Je n'ai vraiment pas le temps de manger tout ça... Bon , solution débrouille -ou système D- : engloutir. Je retire le couvercle de la poêle, les tranches de viandes y sont encore déposées. L'une d'elle est décorée d'une... marque de dents. Je fronce les sourcils. Un jour, je tuerai ce môme de dix-huit ans.
_Robbiiiiiiie...
Je prends la première fourchette qui se trouve à ma portée. Elle est recouverte de graisse. Nicolas l'aurait nettoyée, c'est encore signé Robbie Lamarre...
_Tant pis.
J'engloutis les tranches de viande poêlées et ouvre en mastiquant une petite boîte en plastique qui contient les œufs. J'avale ce qui me trotte encore sur la langue pour le remplacer par deux fourchettes d'œuf. Si Nico' était là, il me tuerait... « Tu massacres mon art, inculte de la gastronomie! Savoure ce que tu manges! » Ouais ben moi je ne me réveille pas à 6h du matin pour me laisser une heure paisible à manger, comme toi coconut! Je préfère pioncer deux heures supplémentaires... D'ailleurs, j'ai bien envie de retourner dans mon lit, de me glisser sous les draps et de dire aux autres que je suis malade... Ah oui bonne idée! Mais j'entends des bruits de pas, je me retourne et j'aperçois Robbie dans l'encadrement de la porte.
_Bouge Jay'! Ta mère m'envoie te chercher! Je sais que tes grosses fesses sont lourdes à porter mais...
Paf, une spatule dans sa tête parfaite!

Comme à mon habitude, j'arrive une demie heure en retard, c'est à dire à 9h pétante, même avec l'autre Rob' qui m'a poussée à me grouiller. D'ailleurs, il se fait disputer par la patronne, et moi, je me poile. Nico me lance son regard d'éternel déçu. En réponse je hausse les épaules et marmonne quelques excuses qu'il devine, car il sourit. Ma mère tourne sa clé dans le rideau de fer et entre, suivie des garçons et de moi, qui ferme la marche. Au passage, on saisit nos tabliers, et on les enfile.
_Au boulot! s'écrie ma mère.
Nico' se rue vers sa cuisine où il commence à préparer ses pâtisseries maison et à sortir celles du super marché du coin de leurs boîtes. Robbie dresse quelques tables, dépose des cartes, et moi, je prépare mon café, le café Jay.

Les retouvailles

Les retouvailles
Par Robbie

Souvenir

Je ne l'avais pas oublié, même si j'avais intégré une nouvelle école. SURTOUT parce que j'avais intégré une nouvelle école. Même si elle m'avait un petit peu appris à me défendre, je restais lâche, et peureux. Mais vers la fin du CE1, je m'étais promis de devenir fort, pour qu'elle soit fière de moi. Ainsi, j'étais déterminé à devenir quelqu'un que les autres n'approcheraient pas ou aimeraient beaucoup. La deuxième proposition était bien plus alléchante, et ce fut celle que je choisis. Après une année complète de cure amaigrissante, pour perdre mes 12 kilos en trop, je rentrai de nouveau dans mon collège, mais cette fois rempli de joie de vivre. J'étais devenu mince, je prenais plus soin de moi et je commençais à m'apprécier. Les filles aussi. Surtout que j'avais pris de l'assurance, j'étais presque devenu le parfait tombeur de ces dames! -Et je le suis toujours, juste que la seule dame qui m'intéresse me traite comme son meilleur ami...-

Bref, quelques années plus tard, en quatrième, alors que j'avais 14 ans, je l'avais oubliée pour de bon (Entre temps, nous étions retournés, mes parents et moi, à nos racines : Marseille, là où vivait Jayden). Je traînais avec des garçons plus ou moins fréquentables, et je baratinais les filles en leur susurrant des mots doux. -Elles tombaient comme des mouches, héhé!-

J'avais peut-être l'air d'un « bad boy », mais je n'en avais en aucun cas la force, et je l'ai jamais eue. encore aujourd'hui, j'ai besoin de Jay ou de Nicolas pour soulever un pack de lait. J'en ai honte, vous savez mais bon on ne se refait pas!

C'est ce manque de force qui faillit me coûter mes fringues et mon argent de poche : un soir, en rentrant du collège, deux gars armés d'un couteau chacun m'avaient coincé dans une ruelle sans issue. Et les passants préféraient ne pas s'en mêler. Pourtant une ado, accompagnée d'un gars vraiment petit, s'était arrêtée en nous observant. J'avais prié si fort pour qu'elle me sorte de ce pétrin que je pense que tous les curés du quartier avaient dû entendre mes supplications au tout puissant. Son regard, ces yeux bleus nuit où je pouvais voir la naissance de la foudre, me rappelaient ceux de Jayden. Et j'avais tout juste. C'était elle, avec les cheveux plus courts, une poitrine plus grosse et un visage plus mature. Le regard qu'elle avait lancé aux deux garçons m'avait rappelé notre toute première rencontre.
_Tu veux quoi toi? cria un des deux garçons.
Comme à son habitude, elle ne s'était pas démontée. Elle a donné un violent coup de poing à celui qui venait de parler et, pour l'achever, a saisi avec une vitesse surprenante son entrejambe et avait pressé très fort. Un gémissement de douleur -dût à un nez cassé et un service trois pièces brisé- a jailli de sa bouche tordue en une grimace horrible. (Il n'avait même pas eu le temps de se servir de sa lame, le bougre, il l'avait lâchée sous le choc du premier coup asséné par Jayden) Le second fut rapidement mis à terre par le gamin de très petite taille, qui semblait cogner fort. On aurait presque dit de la boxe -et c'en était, car pour compenser sa taille, Nico' en avait suivi des cours en salle-.
_Bonjour Jayden... avais-je bredouillé.
Un peu plus et ma vessie se serait vidée. Elle ne semblait pas m'avoir reconnu, mais je pense que le son de ma voix l'avait fait tilter.
_Robbie?
Et j'avais acquiescé.
_Tu le connais? avait demandé Nico'.
_Un vieil ami de primaire.

Déménagement

Déménagement
Par Robbie

Souvenir

J'ai déménagé en pleine année de CP. Mon père était muté, alors ma mère et moi l'avons suivi. Jayden et moi étions inséparables, sans arrêt collés l'un à l'autre tels deux aimants. Ce n'est plus pareil, maintenant... On est adulte, après tout! Bref, retournons à l'époque du déménagement...

Finalement, vers le moi de Janvier, mon père m'a annoncé notre départ imminent pour Antibes. J'étais bien sur effondré, à l'idée de perdre ma meilleure amie... Elle l'a appris le lendemain, elle aussi, et de ma bouche. Elle m'avait parut tout aussi triste que moi. En y repensant, mon cœur se serre, je n'ai jamais plus ressenti pareil déchirement. Elle était vraiment importante pour moi, cette fille.

Le jour de mon départ était arrivé bien vite. Mon père faisait déjà vrombir le moteur du camion de déménagement alors que j'attendais, anxieux, ma plus grande amie.
_Elle ne viendra pas... m'avait murmuré ma mère à l'oreille.
Je ne voulais pas la croire, je m'en rappelle encore. Et, alors que mon père nous intimait de le rejoindre dans le véhicule, j'aperçus une silhouette essoufflée, affalée sur un vélo rouillé. Elle pédalait vite, si bien que j'avais presque cru la voir décoller en freinant. Haletante, elle s'était tournée vers moi. Sa petite main tenait fermement une petite boîte.
_J'ai cru que j'arrivais trop tard... Ma mère est partie faire une course alors qu'elle devait me déposer ici! elle m'a complètement oubliée...
Elle respirait vraiment vite, mais pourtant, elle eut la force de sourire et me tendit l'objet qu'elle gardait fermement.
_C'est pour toi!
Timide, je n'avais pas osé m'en saisir. Avec sa délicatesse habituelle -rires-, elle m'avait pris violemment la main, y avait enfoncé la petite boîte et replié mes doigts.
_Quand je dis pour toi, c'est pour toi, zut!

Mes joues s'étaient empourprées, avec précautions, j'avais décollé le capuchon et m'étais figé devant son contenu. Une tresse châtain. C'est à ce moment que j'ai réalisé l'irrégularité de sa coupe au niveau de ses oreilles. Elle avait coupé une mèche de ses propres cheveux.
_T'auras un petit bout de moi avec toi. Tu m'oublieras pas comme ça! Hey tu m'oublieras pas hein promis?
Elle avait craché dans sa main et me l'avait tendue. Elle scellait ses promesses de cette façon, comme elle l'avait vu dans Peter Pan 2. Avec dégoût, je l'avais imité et avais serré sa main.
_J'ai un bout de toi moi aussi!
Elle sortit de son sac à dos une poupée. Ah tant de souvenirs accompagnaient cette poupée! Dans un accès de colère, elle lui avait coupé les cheveux. Triste, elle était venue m'en faire part. J'avais coupé des petites mèches de mes cheveux mi-longs pour les collé sur le crâne lisse du jouet. Elle m'en avait été très reconnaissante, car elle adorait ma couleur de cheveux en plus.

Et, le plus beau souvenir de ma vie arriva -ça peut paraître quiche, mais Jayden, c'est Jayden!-. Elle était descendue de son vélo et m'avait serré contre elle, moi le petit Robbie. Puis elle avait plongé son regard dans le mien et, de ses petites lèvres mouillés, m'avait embrassé sur la bouche. Un petit baiser d'enfant, certes, qui dure une seconde pas plus, mais ce qu'il signifiait -et signifie toujours- pour moi, c'est bien plus encore.
_Au revoir Robbie.

La rencontre (Maternelle 3eme section)

La rencontre (Maternelle 3eme section)
Par Robbie

Souvenir

On a parfois du mal à se faire à l'idée que des bambins, à peine âgés de 5 ans, puissent faire preuve de cruauté. Pourtant, je dois ma première véritable rencontre avec Jay à cette même cruauté infantile... Nous étions en troisième section de maternelle, et avions 5 ans. J'étais plutôt timide, à l'époque.

De ma cachette, en haut d'un arbre, j'observais tout ce qui se déroulait dans la cour. Mon regard s'était porté sur un trio d'enfants. L'un d'eux, une fillette rousse, était à genoux, pleurant à chaudes larmes devant une poupée décapitée et démembrée. Deux garçons en face d'elle riaient à gorge déployée. Avec précautions, j'étais descendu de mon fidèle ami le platane et, surmontant ma honte du regard des autres, je m'apprêtais à aller l'aider. Elle n'eut pourtant pas besoin de mon soutien... Elle a levé des yeux assassins vers les deux débiles qui s'en étaient pris à elle puis s'est doucement levée. Sans se démonter, elle a saisi chacun d'eux par les cheveux dans une de ses mains et a cogné leurs crânes l'un contre l'autre. En poussant un rugissement digne d'une énorme bestiole... Entendre ce genre de cri de la part d'un gamine, c'est carrément flippant, quand même...
_Vous avez cassé ma poupée! a t-elle guelé.
Et elle les a cogné une nouvelle fois l'un contre l'autre. Ils ont poussé un cri commun et se sont mis à pleurer comme elle l'avait fait auparavant. Agacée, elle les a lâché brusquement.
_Laissez moi tranquille maintenant! a t-elle crié.
Ils ont pris leur jambe à leur cou. Je ne pense pas qu'ils aient déjà eu à courir aussi vite pour échapper à la colère d'une petite fille. Hésitant, je m'étais rapproché d'elle. Elle m'a lancé, à moi aussi, un regard froid et noir. Je crois qu'à ce moment là j'avais eu un violent frisson.
_Qu'est-ce tu veux?
Et j'ai sorti un paquet de chewing-gum, fraîchement volé à un surveillant, de ma poche. Sceptique, elle était restée sur ses gardes.
_T'aider à réparer ta poupée.
Elle n'a pas compris tout de suite, mais quand elle le fit, le plus mignon des sourires édenté que j'ai vu à ce jour s'étira sur ses lèvres.

Ce fut une poupée rafistolée au chewing-gum qu'elle a ramené chez elle. Pour me remercier, elle m'a promis de me défendre. Oui, me défendre, car à l'époque, j'étais très rond. Et les gosses s'amusaient à se moquer. Typique de la jeunesse. Et cette promesse, elle l'a tenue jusqu'à mon déménagement.

Je ne peux m'empêcher de sourire en repensant à tous ces gamins qu'elle avait remballé, juste parce qu'il avaient souri en ma présence, ou parce qu'ils riaient pas loin de moi. De moi, bien entendu... De nombreuses fois, elle s'était retrouvée au coin à cause de ça, mais chaque fois que je la regardais, elle souriait. Ce petit sourire édenté d'une incisive et d'une canine...